RAPPEL

PRESENTATION

La communauté de la paroisse-Cathédrale de Tunis, placée sous le patronage de Saint Vincent de Paul et de Sainte Olive, se compose de laïcs, pour la plus part des jeunes subsahariens, de coopérateurs de la pastorale, des sœurs et des prêtres religieux de l'Institut du Verbe Incarné au service de la foi vécue en communauté. Pour déployer la vie de l’Eglise dans toutes ses dimensions, cette équipe est en lien avec un Conseil Pastoral qui participe lui aussi à l’élaboration des orientations et des impulsions de l’action pastorale. En effet, nous sommes une équipe qui est au service de la vie de foi de ses membres. Elle est appelée à témoigner de cette foi en toute circonstance. Cette petite communauté catholique vit localement à travers des rassemblements pour prier, pour célébrer les sacrements, pour lire la Parole de Dieu, pour partager questions et réflexions, pour mener une vie fraternelle et vivre une solidarité avec tous, en particulier avec les personnes fragiles et démunies.

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Mgr Ilario Antoniazzi

Archévêque de Tunis

arc.ilario@gmail.com

P. Sergio Perez, IVE

Curé de la Cathédrale

+0261- 24359268

sergioperezm@ive.org 

P. Silvio Moreno, IVE

Vicaire de la Cathédrale

+216- 26349881

silviomoreno@ive.org 


 

A LA UNE

 

REGARDEZ LA VIDEO CONCERT DE NOEL 2016

VIDEO LA VIE MISSIONNAIRE DANS L'EGLISE

 PELERINAGE SAINT JACQUES 2014 

PRESENTATION SOEURS BLUES

Publié par Cathédrale de Tunis

HOMMAGE AU PERE MICHEY PRIGNOT

PRESENTATION BIOGRAPHIQUE

 

Dans son enfance, Michel connaît avec ses frères et sœurs la mobilité d’une famille de militaires : Coblence pour sa naissance, le 26 août 1928, puis Metz, Rennes et Tours. Marqué par un film sur Charles de Foucauld, il songe très jeune à devenir Père Blanc. La rencontre fortuite d’un séminariste de la Mission de France et la lecture d’une brochure du père Augros, alors supérieur du séminaire de la Mission, à Lisieux, déterminent son orientation. A 18 ans, il commence le séminaire en alternant les cours et des périodes de stage en milieu ouvrier. « La démarche de Jésus naissant à Bethléem et vivant à Nazareth pour vivre au milieu des hommes de son temps devenait pour moi démarche de choix de vie dans le monde du travail», écrit-il.

Troublé par la décision romaine qui s’annonce d’arrêter l’engagement au travail des prêtres-ouvriers, Michel prend du recul et rejoint une nouvelle équipe à Casablanca, en charge de la paroisse Saint-Paul. Il est ordonné prêtre le 2 mai 1954, dans une église en construction dont le toit inexistant s’offrait en direct aux rayons du soleil. « Heureux rituel qui parle d’ordination selon l’ordre de Melchisédech car je n’aurais pas aimé l’être dans l’ordre de Lévi, pour le seul accomplissement des rites », déclare-t-il.

Suite à un rapport malveillant du curé, l’évêque crut bon de le congédier du Maroc avec quelques autres. En auto-stop, Michel gagne Alger avec un de ses collègues, et trouve le père Scotto, responsable de la Mission de France pour le Maghreb. Il arrive à Constantine pour apprendre l’arabe dialectal le 1er novembre 1954, jour du déclenchement de cette guerre d’indépendance dramatique qui durera huit ans. Vicaire dans l’équipe d’Hussein Dey fin 1955, il est envoyé en novembre 1956 en Tunisie, car l’évêque de Tunis souhaitait la venue de la Mission.

Il fait équipe avec Louis Augros et Jacques Guedel. Il commence par desservir quelques paroisses de l’intérieur, puis est associé aux prêtres diocésains en charge de la vieille église Sainte Croix de la Médina de Tunis. «J’aurai le bonheur, tout en étant vicaire, de travailler professionnellement dans un atelier puis une usine de fabrication de téléviseurs. Je réalisais ainsi mon rêve : allier service paroissial et travail professionnel ».

Beaucoup d’églises vont fermer suite à un accord entre le gouvernement tunisien et l’Eglise catholique. Michel est nommé curé de la cathédrale, tout en travaillant jusqu’à ce que sonne la retraite professionnelle, en 1988. A partir de 2005, il s’occupe alors de la chancellerie. Homme d’accueil et de communion, Michel est doué d’une grande facilité de contact, de spontanéité dans l’accueil, à l’écoute des tunisiens, des jeunes qui cherchent de l’écoute, parfois un chemin de foi. Il y a aussi les groupes d’alphabétisation. Il avait fait de la maison de la cathédrale une vraie maison accueillante à tous avec une table toujours ouverte. Il y vivait avec ses frères prêtres diocésains, comme Fulvio Grazzini, Lucien Descousse et Livio Grassi.

Avec Paul Menassian, Pierre Judet, Pierre Mamet, Daniel Nicolas, Maurice Batigne, Anne-Marie Le Noël et Marie-Thérèse Hugi (qui habitait alors la Medina où son métier d'assistante sociale la mettait en relation avec beaucoup de femmes tunisiennes en difficulté), l’équipe de la Mission accompagne le mouvement d’une Eglise numériquement modeste qui découvre qu’elle n’est pas faite pour elle-même, mais pour cette humanité dont elle partage l’existence. Elle est témoin de la construction d’un pays qui se prend en main, s’ouvre au tourisme et doit inventer dans tous les domaines pour prendre sa place dans le concert des nations. « Le biais naturel d’une insertion dans un pays est le travail. Ce n’est pas le plus facile compte tenu de notre qualité d’étranger, mais ce n’est pas impossible. La vie en proximité fait surgir de nouveaux appels. Il ne faut pas reculer devant une aventure qui comporte de l’inconnu, de la disponibilité, de l’écoute. Personne n’a besoin de nous, il faut se le répéter, mais ce que nous portons invite au partage », écrit Michel en 1990.

Après une année de lutte contre la maladie, serein, toujours souriant, désireux de demeurer tout à tous, rayonnant de cette douceur dont parle l'Evangile, Mickey s'est endormi mardi dernier, comme s'éteint paisiblement une lampe à la dernière goutte d'huile. « Bienheureux les doux, disent les Béatitudes, ils obtiendront la Terre Promise ». Prions avec Michel, qui nous rassemble une nouvelle fois dans l'espérance, au seuil de cette Terre, de cette joie éternelle dont il savait donner le goût, de cette lumière de paix, dont nos vies ici-bas sont appelées à être le reflet. A la suite du Christ, toute sa vie durant, Mickey a su briser humblement le miroir, dans ce mouvement qui nous fait sortir de nous-mêmes pour découvrir la richesse qui gît au fond de l'autre. L'amour est à ce prix aimait-il écrire. Que Dieu lui donne désormais d'en goûter la plénitude.

 

P. Arnaud FAVART

Vicaire Général de la Mission de France

HOMMAGE AU PERE MICHEY PRIGNOT

Lectures de la Messe d’Adieu à la Cathédrale de Tunis

 Samedi 27 février 2016

1ére Lecture : Deuxième lettre de Saint Paul Apôtre à Timothée 4, 5-8.

Frère bien-aimé, en toute chose garde la mesure, supporte la souffrance, fais ton travail d’évangélisateur, accomplis jusqu’au bout ton ministère. Moi, en effet, je suis déjà offert en sacrifice, le moment de mon départ est venu. J’ai mené le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi. Je n’ai plus qu’à recevoir la couronne de la justice : le Seigneur, le juste juge, me la remettra en ce jour-là, et non seulement à moi, mais aussi à tous ceux qui auront désiré avec amour sa Manifestation glorieuse.

Evangile :  selon  Saint Mathieu 5, 1-12

            Voyant la foule, Jésus monta sur la montagne; et, après qu'il se fut assis, ses disciples s'approchèrent de lui. Puis, ayant ouvert la bouche, il les enseigna, et dit: Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux! Heureux les affligés, car ils seront consolés! Heureux les débonnaires, car ils hériteront la terre! Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés! Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde! Heureux ceux qui ont le cœur  pur, car ils verront Dieu! Heureux ceux qui procurent la paix, car ils seront appelés fils de Dieu! Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des cieux est à eux! Heureux serez-vous, lorsqu'on vous outragera, qu'on vous persécutera et qu'on dira faussement de vous toute sorte de mal, à cause de moi. Réjouissez-vous et soyez dans l'allégresse, parce que votre récompense sera grande dans les cieux; car c'est ainsi qu'on a persécuté les prophètes qui ont été avant vous.

 

Homélie de Mgr Antoniazzi

Il y a un moment très émouvant et significatif dans le rite de l’ordination sacerdotale: le diacre qui va être ordonné prêtre se prosterne par terre comme un cadavre, pendant que l’évêque qui le consacre et toute l’assemblée demandent avec insistance l’intercession de tous les saints. Cette attitude du candidat au sacerdoce qui se prosterne par terre, en toute humilité devant la majesté de Dieu, exprime une mort. Le prêtre, comme tous les fidèles dans une certaine mesure, le prêtre meurt à soi-même, il meurt à une vie individuelle et privée, il meurt à ses gouts personnels pour devenir un instrument docile entre les mains de Dieu et commencer une vie nouvelle dans le Christ en se consacrant définitivement, dans le sacerdoce, au salut du monde.

Voilà maintenant Père Mickey est prosterné à terre comme le jour de son ordination sacerdotale, entouré du peuple de Dieu. Il s’offre définitivement comme offrande à Dieu, comme sacrifice pur et immaculé, uni au sacrifice du Christ que Père Mickey a offert chaque jour sur ce même autel, avec ses mains consacrées. Maintenant il a tout donné pour nous, maintenant comme le Christ en croix, au moment de sa mort, il peut dire « tout est consommé ». Voilà, mes frères, nous assistons à la dernière messe de Père Mickey, la plus profonde la plus réelle, où le sacrifice du Christ et celui de notre père Mickey forment un seul et unique sacrifice unis par leur mort.

J’ai connu le Père Mickey depuis trois ans seulement. Beaucoup de souvenirs vivent en moi et me donnent une certaine paix, j’oserai dire une joie. Oui une joie pour avoir connu et aimé un Père comme lui ! Les traits distinctifs de sa vie sacerdotale et humaine, étaient la bonté d’âme, l’humilité et l’ouverture au prochain : il était une personne de paix. Il aimait se trouver au milieu de son peuple tunisien et aller sans hésitation où son ministère exigeait.

Sa vie a été une « belle vie », comme il aimait dire, pleinement et profondément vécue dans la joie de servir le Christ, mais un Christ bien concret, vivant dans le prochain. Combien d’expériences belles ou douloureuses a-t-il vécues, combien de personnes a-t-il connues, aimées, et surtout accueillies avec amour ? Son caractère ouvert aux autres, sa fantaisie, ses capacités spirituelles, intellectuelles et humaines le poussaient à établir toujours des relations intenses, nouvelles et profondes avec les autres. Le charisme de l’accueil se transformait en amitié profonde, il était le fruit d’une amitié encore plus profonde avec le Christ qu’il voyait dans chaque personne qui frappait à sa porte. Pour cela, la porte de sa maison était toujours ouverte pour donner, avec un plat de nourriture, le sourire, l’amour, la miséricorde et la paix du Christ. Le Seigneur a dit : « Bienheureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde. Bienheureux les cœurs purs car ils verront Dieu. Bienheureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu ». Trois béatitudes bien vécues par notre père.

 « Si ma vie devait s’arrêter un jour, m’a-t-il dit, je serais quand même content de rencontrer le Christ, lui serrer la main et le remercier pour tout l’amour qu’il m’a voulu et tout le bien que j’ai pu faire ». J’imagine le père Mickey se présenter devant le Seigneur pour son jugement avec sérénité et confiance et d’entendre du Seigneur les paroles de l’Évangile : « Mickey, j’étais très souvent étranger ou de passage à Tunis et tu m’as toujours ouvert la porte de ton cœur et de ta maison et tu m’as donné à manger car j’avais faim, entre dans la joie de ton Seigneur ».

Quand le cancer fit son retour, le Père avait compris que le moment de partir et de rencontrer le Seigneur était arrivé. Il mit sa vie entre les mains de la miséricorde divine et accepta avec foi et sérénité la maladie qui lentement mais inexorablement allait le porter à la mort. Il me dit un jour : «  La mort ne me fait pas peur, elle fait partie de la vie. Je ne veux pas d’acharnement thérapeutique car il est temps que je me perde dans l’immensité de l’amour et de la miséricorde divine ». Tous ceux qui ont pu rencontrer le Père Mickey pendant sa maladie en restaient édifiés par sa foi, sa sérénité et son abandon total et sans retour à la volonté de Dieu. Il nous a offert, par sa maladie, son sermon le plus beau, le plus profond et le plus vrai. En le voyant s’éteindre petit à petit, il me semblait que le père Mickey me disait les paroles de saint Paul « Voici que moi, je suis déjà répandu en libation, et le moment de mon départ est venu. J’ai combattu jusqu’au bout le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi. Et maintenant, voici qu’est préparée pour moi la couronne de justice, qu’en retour le Seigneur me donnera en ce jour-là, lui, le juste Juge, et non seulement à moi mais à tous ceux qui auront attendu avec amour son apparition » (2Tm 4, 6-8).

En mon nom et au nom de notre Église, je présente les condoléances et les remerciements les plus cordiaux à Marie Henriette et Monique pour tout ce qu’elles ont prodigué avec amour à leur frère Mickey. Mes condoléances cordiales aux prêtres, sœurs et consacrés. N’oublions pas, plutôt, imitons son exemple de vie consacrée. Condoléances aux membres de la Mission de France. P. Mickey a été un précieux cadeau à notre Église tunisienne. Condoléances cordiales à vous tous ses amis très nombreux, n’oubliez pas que vous avez au ciel un protecteur et ami.

Père Mickey, repose en paix, et de « l’immensité de l’amour et de la miséricorde divine » où tu te trouves maintenant, continue à nous protéger, à protéger l’Église tunisienne, à protéger la Tunisie que tu as infiniment aimée.

Père Mickey, merci pour avoir été ce que tu étais pour nous : un sourire du Seigneur parmi nous. Repose en paix avec ton Seigneur que tu as servi toute ta vie.

 

 

 

HOMMAGE AU PERE MICHEY PRIGNOT

Témoignages

 

Cher Mickey,

Avec toute la famille réunie autour de toi ; ceux présents et ne pouvant venir, tu as touché nos cœurs par ton engagement de prêtre à la mission de France, comme témoin vivant d’un DIEU aimant et qui s’adresse d’abord aux plus petits, aux plus faibles.

Par ta douce présence aux autres, ta grande écoute, ton attention délicate à chacun comme il est, tu étais dans la relation avec ton prochain avec grande force de discernement et d’intelligence des situations humaines.

Par tes écrits aussi, tu nous as atteints au plus profond de nos existences. Mais aussi avec humour et joie de vivre tu nous a énormément touchés simplement et humblement en disant << J’ai eu le bonheur tout au long de ma vie de vivre heureux >> Ce bonheur de vivre tu nous le communiquais en vérité, simplement comme une action de grâce merveilleuse à notre Seigneur.

Avec la famille, nous avons beaucoup admiré tout ce que tu nous as donné, partagé et, après un si beau parcours m’est proposée la prière d’abandon :

Charles de Foucauld et Michel l’ont vraiment accomplie dans la chair et nous la laissent comme une signature du Ressuscité en nos existences :

<< Mon Père, Je m’abandonne à toi.

Fais de moi ce qu’il te plaira.

Quoique tu fasses de moi, je te remercie.

Je suis prêt à tout, j’accepte tout.

Pourvu que ta volonté se fasse en moi et en toutes tes créatures,

Je ne désire rien d’autre mon DIEU.

Je remets ma vie entre tes mains.

Je te donne, mon DIEU, avec tout l’amour de mon cœur

Parce que je t’aime,

Et que ce m’est un besoin d’amour de me donner,

De me mettre entre tes mains sans mesure

Avec une infinie confiance,

Car tu es mon Père.>>

 

Olivier DAMOUR (un des filleuls de Mickey)

 

Mickey

Tu as été notre précurseur.

Je parle au nom de celles et ceux  de ma génération qui avons vécu le grand passage de l’Indépendance de la Tunisie en même temps que celui du Concile de Vatican II.

« Passage » veut dire aussi PÂQUES, passion et résurrection

Nous étions déboussolés et en même temps illuminés. Dans ce moment où nous nous demandions : faut-il partir ? Faut-il rester ? Tu étais là, vous étiez là avec l’équipe de la « Mission de France », et vous nous avez aidés à faire un discernement, en toute liberté : certains sont partis avec les fidèles qui étaient bien obligés de partir, leur vocation fut d’accompagner les migrants de cette époque. Les autres furent aidés par le même Concile à regarder l’avenir d’une église en pays nouvellement indépendant et appelé à se construire, et à se développer …

C’est là que toi  Mickey, et votre équipe,  furent nos précurseurs d’une église appelée à accompagner et à participer à la construction de ce pays, à entrer dans son histoire et à vivre sa vie avec priorité à vivre avec les personnes dont la vie était la plus menacée… Vous étiez précurseurs, ouvrier avec les ouvriers, enseignant avec les enseignants, soignant avec les soignants, toi-même artisan électrotechnicien avec les artisans électrotechniciens  …

Vous  avez étés ...

Mais tu es toujours, tu restes précurseur pour notre église d’aujourd’hui, toujours remise en question par les évènements de l’histoire, une église au service du salut d’un peuple, salut qui est déjà tout entier dans les relations fraternelles et l’Esprit du Royaume de Dieu qui nous précède, Esprit d’AMOUR.

Tout récemment tu l’as écrit toi-même comme un testament spirituel, avant de partir. Ce petit texte du « miroir cassé », symbole du narcissisme que nous devons briser pour permettre la vraie rencontre de l’autre et au véritable amour de Dieu.

Merci Mickey du message que tu continues à nous adresser, de ta sagesse, exprimés dans ce texte et beaucoup d’autres écrits, en souhaitant que les générations nouvelles familiarisées avec  l’informatique, sauront mémoriser et diffuser pour notre instruction.

 

P. Dominique TOMMY-MARTIN

Pour Mickey

"Il faut briser le miroir pour sortir de soi et découvrir la richesse qui gît au fond de l'autre. L'amour est à ce prix…" disait  Mickey dans ses vœux de janvier 2016 et c'est pour moi comme le vrai testament de tout ce qu'a été sa vie.

Mickey, un homme profondément bienveillant et amical,

toujours passionné par l'écoute de l'autre,

exigeant dans le dialogue, et dans  la rencontre,

travailleur infatigable, enfin grand spirituel

qui se cachait derrière une vraie simplicité et une grande pudeur.

La maison de la cathédrale, il en avait fait une sorte d'Arche de Noé, ouverte à tous, un bain de rencontres inattendues: des jeunes africains, aux jeunes tunisiens, sans oublier les artistes de tous bords ou les femmes isolées...

Il a été pour moi un "passeur", me donnant des clés pour découvrir le monde musulman dans toute sa richesse, avec une grande lucidité d'analyse.

Sa rencontre, notre vie d'équipe Mission de France pendant trois ans, comme notre expérience familiale vécue à Sfax, le travail avec les enfants autistes au Centre Avicenne, la vie de la communauté chrétienne à Sfax, le partage de vie avec les communautés du sud, tout cela a profondément réorienté le cours de ma vie en me conduisant à travailler depuis trente ans dans le monde musulman en France.

Au printemps dernier, en 2015, où nous sommes venus pour le Forum Social Mondial, une semaine après les attentats du Bardo, nous avons revu Mickey qui luttait déjà contre la maladie: sa sérénité comme la profondeur de nos échanges liée à la force de notre amitié m'ont beaucoup marquée.

Tout comme cet humour qu'il a gardé jusqu'au bout et qui faisait de lui un homme heureux!

 

 Bénédicte du CHAFFAUT

 

J’étais sans vie et sans voie.

Sans espérance et sans joie.

Presque rendue au bout de mon temps.

Mais, voici que se sont ouverts des grands bras.

En toi, j’ai trouvé le père, l’ami, le confident.

La main tendue quand je trébuchais et risquais de tomber.

J’ai trouvé en toi l’amour sans contrepartie.

Avec toi, je sentais la sécurité, la paix.

Au fond de moi-même je savais qu’il y avait toujours quelqu’un qui pensait à moi.

Que j’étais toujours dans ses pensées, ses conseils, ses prières.

Avec toi, je me sentais vraiment bénie de Dieu.

Beaucoup parmi nous aujourd’hui avons trouvé dans ta maison un refuge vers Dieu.

Un endroit ou se recueillir pour trouver la voie du salut.

Je viens aujourd’hui te dire adieu.

Toi que j’aimais, j’aime, et j’aimerais toujours.

Merci, pour tout cet amour partagé.

Je serais plus grande de t’avoir aimé.

Merci, pour tout l’amour en héritage. Aujourd’hui je viens te remettre à Dieu à jamais, et je dois te dire au revoir.

Marie - Sabah

 

Un grand Amour m’attend

(Attribué à St Jean de la Croix)

 

Ce qui se passe de l’autre côté,

Quand tout pour moi aura basculé

dans l’Eternité… je ne le sais pas !

Je crois, je crois seulement

Qu’un grand Amour m’attend.

 

Je sais pourtant qu’alors, pauvre et dépouillé,

Je laisserai Dieu peser le poids de ma vie.

Mais ne pensez pas que je désespère…

Non, je crois, je crois tellement

Qu’un grand Amour m’attend !

 

Maintenant que mon heure est proche,

Que la voix de l’Eternité

M’invite à franchir le mur,

Ce que j’ai cru, je le croirai plus fort

Au pas de la mort.

 

C’est vers cet Amour que je marche en m’en allant,

C’est vers son Amour que je tends les bras,

Et dans la vie je descends doucement.

 

Si je meurs, ne pleurez pas,

C’est un Amour qui me prend paisiblement.

Si j’ai peur… et pourquoi pas ?

Rappelez-moi souvent, simplement,

Qu’un grand Amour m’attend.

 

Le Seigneur Christ va m’ouvrir

la porte de ta joie, de ta lumière :

Oui, Père ! Voici que je viens vers Toi,

Et comme un enfant,

je viens me jeter dans Ton Amour,

Ton Amour qui m’attend.