RAPPEL

PRESENTATION

La communauté de la paroisse-Cathédrale de Tunis, placée sous le patronage de Saint Vincent de Paul et de Sainte Olive, se compose de laïcs, pour la plus part des jeunes subsahariens, de coopérateurs de la pastorale, des sœurs et des prêtres religieux de l'Institut du Verbe Incarné au service de la foi vécue en communauté. Pour déployer la vie de l’Eglise dans toutes ses dimensions, cette équipe est en lien avec un Conseil Pastoral qui participe lui aussi à l’élaboration des orientations et des impulsions de l’action pastorale. En effet, nous sommes une équipe qui est au service de la vie de foi de ses membres. Elle est appelée à témoigner de cette foi en toute circonstance. Cette petite communauté catholique vit localement à travers des rassemblements pour prier, pour célébrer les sacrements, pour lire la Parole de Dieu, pour partager questions et réflexions, pour mener une vie fraternelle et vivre une solidarité avec tous, en particulier avec les personnes fragiles et démunies.

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Mgr Ilario Antoniazzi

Archévêque de Tunis

arc.ilario@gmail.com

 

 

P. Silvio Moreno, IVE

Administrateur de la Cathédrale

+216 - 26349881

silviomoreno@ive.org 


 

A LA UNE

 

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VIDEO LA VIE MISSIONNAIRE DANS L'EGLISE

 PELERINAGE SAINT JACQUES 2014 

PRESENTATION SOEURS BLUES

Publié par Cathédrale de Tunis

LETTRE PASTORALE "EN AVANT' POUR UNE DEMARCHE DIOCESAINE

Chers frères et sœurs,

Alors que Noël et la nouvelle année sont proches, je vous rejoins par cette lettre en vous souhaitant d’abord la paix : paix à chacun de vous, à ceux et celles dont vous êtes proches, par la famille, par le travail, par les chemins du quotidien.

Je vous écris pour partager avec vous ce que je retiens du chemin parcouru jusqu’à présent, pour nous donner aussi des pistes afin de continuer la route, selon ce que le Seigneur nous a montré.

Je nous propose des questions concrètes. Je demande à chacun, individuellement, en groupes, en communautés, en paroisses, de prendre le temps d’y réfléchir et d’y répondre d’ici le 1er mars 2017, qui marquera le début du Carême.

Continuons de nous mettre ensemble à l’écoute du Seigneur, à partir de notre vie ordinaire, de l’expérience de notre prière, dans une attitude de disponibilité à ce que l’Esprit dit aujourd’hui à notre Église (cf. Ap 2,7).

J’attends vos contributions d’ici fin février, individuelles ou collectives, à l’adresse de l’archevêché :

eveche.tunisie@evechetunisie.org.

Le Conseil Presbytéral m’aidera à discerner le chemin que le Seigneur veut continuer d’ouvrir à travers nous tous.

Ce chemin doit nous mener là où le Seigneur le veut : avançons en confiance, attentifs et dociles à sa Parole, laissons jaillir l’Esprit (cf. Rm 12,11), partageons, nos idées, nos attentes, nos questions. Que notre charité se fasse inventive ! (1 Th 1,3).

***

« Le peuple qui habitait dans les ténèbres a vu une grande lumière » (Mt 4,16): ainsi dit l’Évangile au temps de l’Avent. Une parole qui résonne fort en des temps d’incertitude et de fragilité, pour notre société, pour notre Église, pour notre monde. Autour de nous, beaucoup ont l’impression d’être entourés de ténèbres, portant un regard pessimiste sur le monde tel qu’il est et tel qu’il va. « Là où se trouvent les ténèbres, que nous apportions la lumière », disait saint François d’Assise. Tel est l’appel que Dieu ne cesse de nous adresser. Telle est notre mission. Comment cette lumière doit-elle rayonner ? A travers l’espérance dont nous sommes les serviteurs.

Et sur quoi se fonde cette espérance ? Sur l’incarnation, la venue de Dieu dans le monde : Dieu a voulu se faire proche, marcher avec nous sur les routes de notre monde, tel qu’il est et tel qu’il va, pour nous apprendre à vivre comme lui et à en donner le goût à tous.

Pendant les temps de l’Avent et de Noël, Marie nous est donnée comme modèle d’espérance et de foi. C’est dans cette foi et cette espérance en effet que Marie accepta de donner naissance au Christ, et que le peuple que nous sommes continue jusqu’à aujourd’hui de voir se lever cette grande « lumière venue dans le monde » (cf. Jn 12,46). Comme la Vierge, mettons-nous humblement, avec foi, au service du Seigneur, pour apporter au monde cette même espérance. Le Tout Puissant fera alors des merveilles (cf. Lc 1,49).

C’est une grâce de vivre cette période extraordinaire de l’histoire de ce pays, où se dessine, pas à pas, une ère nouvelle. L’Église que nous sommes tous ensemble a le privilège de vivre ce temps avec le Peuple Tunisien dont elle partage le quotidien et le destin. A la place qui est la sienne, elle doit être une lumière sur ce chemin, main dans la main avec nos frères et partenaires tunisiens. A vue de foi, nous sommes appelés à être citoyens d’un même Royaume, dont Jésus nous a dit qu’il est déjà parmi nous (cf. Lc 17,21), et dont l’esprit est celui des Béatitudes.

Je voudrais remercier Dieu pour l’œuvre de sa grâce durant l’année écoulée. L’enthousiasme et le zèle pour la mission, la conscience de la responsabilité d’être Église, que j’ai constatée pendant nos réunions, surtout les journées diocésaines à la Marsa et à Sfax, ne sont pas fruits de la seule fatigue humaine, très louable bien sûr, mais d’un travail intérieur de la grâce divine. Je suis convaincu que nous sommes acteurs et témoins d’un printemps dont les plus beaux fruits ne demandent qu’à éclore.

Continuons de servir la mission de Jésus, en « engendrant » Jésus autour de nous, non pas dans la chair comme la Vierge, mais en le rendant présent, ici et maintenant, par le témoignage de notre vie. Le monde où nous vivons a soif de Dieu et notre cœur ne saurait trouver repos qu’en lui, nous rappelle saint Augustin. La vitalité et le sens de notre présence dépendent de notre capacité à être signes de cet amour qui ne veut rien imposer, mais qui continue de se donner, sans retour, pour tous sans distinction. Le Christ est né, mort et ressuscité pour moi et pour les Tunisiens. En suis-je convaincu ? En suis-je témoin ?

a - La Vierge porteuse de Dieu

La Vierge de la Visitation a été l’étoile qui a guidé les premiers pas de notre démarche diocésaine, et elle le sera encore.

Dieu est caché en Marie. La présence du Verbe en son sein fait d’elle le premier tabernacle vivant où Dieu habite parmi nous. Notre Église, avant tout, doit vivre de telle manière que le Christ soit bien vivant en chacun de ses membres. Comment pourrions-nous le porter et témoigner de lui s’il n’était pas vivant en nous ? Notre témoignage part de la présence de Jésus en nous, qui se manifeste à travers un certain style de vie, une certaine manière d’être, jusqu’à devenir la référence continuelle de notre vie.

C’est l’expérience de cette présence que nous manifesterons. « Rares sont les occasions qui nous sont données de proclamer explicitement cette Bonne Nouvelle de l’espérance. Mais en témoigner par toute notre vie, ce qui constitue notre quotidien, est le sommet de l’Évangile » (Serviteurs de l’Espérance, p. 18). On sera alors éblouis et fascinés par la splendeur de la beauté du Christ qui est source et sommet de notre vie et de notre annonce (Cf. La Joie de l’Évangile, 167).

Questions :

La rencontre personnelle avec le Christ : comment cherchons-nous à la vivre ? Comment nous fait-elle vivre ?

Quels moyens prendre pour que cette rencontre soit plus profonde, plus vraie, continuelle ? De quoi aurions-nous besoin pour cela ?

Quel programme pour nous-mêmes, en famille, en paroisse, en communauté, pour mieux vivre cette rencontre avec Jésus?

b - La Vierge en Chemin

Le Dieu fait homme ne la conduit pas à méditer ce mystère dans le seul silence de son cœur. Il presse Marie de le porter « en hâte » (cf. Lc 1,39) à ses frères. Marie devient ainsi la première missionnaire. Dieu s’est donné à Marie pour être donné par Marie. Sa foi la porte à sortir d’elle-même et à se mettre en marche vers celles et ceux qui sont dans le besoin, à commencer par Élisabeth, qu’elle assistera dans les trois derniers mois de sa grossesse, jusqu’à la naissance de Jean Baptiste (cf. Lc 1,56). La foi de Marie et son amour pour Dieu se traduisent spontanément, dans la confiance, en un chemin de rencontre et de service.

Il faut que ceux avec lesquels nous vivons perçoivent la présence de Dieu en nous. C’est l’enjeu de toute rencontre vraie. En découle d’abord une grande action de grâce, un grand « magnificat » pour les merveilles que cette présence accomplit en nous. L’expérience de la rencontre vraie nous aide aussi souvent à mieux comprendre notre foi. J’ai été saisi par les nombreux témoignages donnés en ce sens lors des journées diocésaines. La foi n’est pas clôture sur soi, ni un fait privé. Elle porte nécessairement vers l’autre. Une Église qui s’enfermerait en ghetto trahirait sa mission et perdrait tout son sens. Une Église bien vivante cherche au contraire à être « en sortie », « une Église citoyenne, une Église qui a à cœur d’apporter sa part à la vie et à la construction de la société » (Serviteurs de l’Espérance, p. 22).

Nous sommes appelés à la rencontre avec l’autre, à apprécier le trésor que porte en lui notre prochain, et à rayonner, dans la qualité même de cette rencontre, la lumière de l’Évangile qui nous fait vivre.

Questions :

Ma vie, (personnelle, en famille, en paroisse, en communauté), est-elle un chemin vers le prochain ? Comment l’autre est-il une richesse pour ma foi ?

L’Église, la famille, la paroisse, la communauté où je vis, sont-elles des réalités ouvertes, sur les autres, sur le monde ? Comment améliorer notre expérience dans ce domaine ?

Quels moyens devrions-nous prendre en Église pour mieux vivre la rencontre, en particulier avec nos frères et sœurs tunisiens, à quelque niveau que ce soit ?

c - « Faites tout ce qu’il vous dira »

Avant de monter au ciel, le Christ a envoyé ses disciples vers le monde en disant : « Allez donc, de toutes les nations faites des disciples… » (Mt 28, 19). C’était presque un « miracle » qu’il leur demandait là, vu combien leur foi était hésitante ! C’est le même « miracle » qu’il nous demande, à nous qui sommes aussi hésitants. Un « miracle », c’est-à-dire une œuvre qui est d’abord la sienne avant d’être la nôtre. « Donnez-leur vous-mêmes à manger » (Lc 9,13), disait-il aux disciples au jour de la multiplication des pains. C’est nous qui donnons, mais parce que c’est d’abord lui qui invite, et qui multiplie, à partir du peu que nous sommes et que nous avons, que nous mettons avec confiance à sa disposition.

À Cana de Galilée, la Vierge disait aux serviteurs : « Faites ce qu’il vous dira » (Jn 2,5). Ils obéirent à Marie et Jésus manifesta sa gloire. La Tunisie est notre « Cana de Galilée ». La Vierge nous dit encore aujourd’hui : « Faites ce qu’il vous dira ». Et que nous dit-il, aujourd’hui ? C’est cela que nous devons entendre. Il nous invite déjà, au regard de ce que nous avons écouté et partagé cette année, à nous appliquer à reconnaitre son visage dans le visage de l’autre, à le servir à cette place, car « ce que vous avez fait au plus petit de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25,40) ; à découvrir que son chemin nous porte vers l’homme, et que le chemin de l’homme nous porte vers lui. Cela suppose un tempérament d’explorateurs, qui n’aient pas peur d’avancer sur des sentiers encore peu balisés par le magistère de l’Église, à être les acteurs d’une expérience dont l’Église universelle a besoin aujourd’hui pour mieux répondre aux enjeux d’un monde caractérisé par le défi du pluralisme religieux.

Nous sommes des éclaireurs, des défricheurs, disait Charles de Foucauld. Avons-nous conscience de cette grâce, qui est aussi une responsabilité ? Cela suppose de se laisser guider par l’Esprit (Cf. Ga 5,25), d’oser la rencontre, d’avancer non pas à la lumière de nos propres programmes, mais à celle de la Parole qui se donne et qui ouvre le chemin. Avec des repères et des priorités déjà bien discernés : « Nos Églises à maintes reprises, ont exprimé leur option préférentielle pour les pauvres, dans le visage desquels elles discernent celui du Christ lui-même » (Serviteurs de l’Espérance, p. 19). Annoncer la Bonne Nouvelle par le chemin du service et du témoignage, avec l’audace de personnes passionnées et transformées par le Christ, chercher ensemble de nouvelles routes et de nouveaux langages pour arriver aux cœurs... En un mot, « défricher », c’est préparer la route au Seigneur.

Questions :

Avec quel « programme » de vie, de mission, suis-je arrivé en Tunisie ? Ai-je été amené à le réviser ? Avec quelles joies, quelles découvertes ? Quels sacrifices aussi peut-être ?

Que veut dire pour moi « explorer », « défricher » pour préparer la route au Seigneur, là où je vis ? Avec quelles joie, quelles questions, quelles difficultés ?

Une « option préférentielle pour les pauvres » : qu’est-ce que cela veut dire pour moi concrètement aujourd’hui ? Comment l’entretenir, l’intensifier dans notre Église et nos communautés?

Conclusion

Encourageons-nous les uns les autres :

- à fixer notre regard vers le Christ et vers l’accomplissement du Royaume de Dieu,

- à ouvrir des perspectives, dans le souffle de l’Esprit,

- à bâtir et planter (cf. Jr 1,10), en donnant aujourd’hui le meilleur de nous-mêmes.

Demeurons fermes dans le Seigneur qui fait route avec nous (cf. Lc 24,15) L’engagement de tous est essentiel pour notre Église. Il l’est aussi bien au-delà.

En avant !

Joyeux Noël et Bonne Année 2017 à tous !

Mgr Ilario ANTONIAZZI

 

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